Larry est adulé pour avoir été le DJ et la force vive du célébre club disco gay, le " Paradise Garage".

Avec l’ingénieur du son du Paradise, Richard Long, ils vont mettre en place l’énorme Sound-Sytem du club et la cabine DJ, avec des platines Thorens. Ce sound sytem est considéré aujourd’hui par de nombreuses personnes ayant eu la chance de fréquenter ce lieu mythique, comme le meilleur Sound- System ayant jamais existé.

L’intelligence de Larry n’était pas seulement dans sa technique et ses connaissances en matière de son, mais il excellait surtout dans son style musicale unique et éclectique.

Il va concevoir, et élargir très largement, les « régles » de ce que devrait être la Dance Music, en mixant de tout, du Gospel, du Reggae, de la Soul, de l’Euro-Disco, du Rock ( Stand Back de Stevie Nicks, ou encore le « Eminence Front » des Who ) mais également le Post-Punk ( The Magnificent Seven de The Clash et aussi Talking Heads ) et aussi de l’Ambient ( par exemple avec Klaus Schuzle et Manuel Gottsching ).

Il va rajouter à son style particulier et très éclectique en y rajoutant de nombreux effets sonores et autres manipulations techniques, maîtrisant parfaitement l’égalisation du son et la balance, faisant jaillir le son dans le club comme si il sortait de ses propres mains.

Larry était un shaman qui ouvrait la boîte de Pandore à chacun de ses mix, contenant toute sorte de beauté, mais aussi par moment des sons inquiétants et bizarres, faisant voler dans la salle comme des esprits.

Larry a fait ses armes au club « The Loft », considéré comme le premier club underground, qui faisait office d'After.

“ The Loft “ combinait la culture psychédélique avec le proto-disco, la soul ("Melting Pot"/Booker T. & The MG's, "Papa Was a Rolling Stone"/The Temptations, etc.), le Jazz-Funk avec par exemple « The Blackbyrds », le funcky-rock ( « Woman » de Barabas ), et d’autres musiques tripantes comme par ex l’album « The Dark Side Of The Moon » des Pink Floyd.

Lorsque le “ Paradise Garage “ ouvre en 1976, Larry rajoute à son style le Gospel et le R&B, et le Disco.

Avec Larry à sa barre, « The Paradise Garage » l’endroit va incarner tout ce qui se fait de mieux dans le Disco : le glamour, la modestie, l’excitation, l’hédonisme, le mélange autour de la musique, les Noirs avec les Blancs, les Gays avec les Hétéros, l’harmonie de tous, et le concept plus général, de considéré le Dancefloor, comme une famille.

Des célébrités comme Grace Jones, Keith Haring, Nile Rogers, Chaka Khan ou Madonna traînent au Paradise et dansent toute la nuit durant, avec des milliers d’autres clubbers, tous fascinés emportés par le talent de Larry Levan.

Comme Remixeur, Larry applique sa touche inimitable à d’innombrables morceaux, qui sont aujourd’hui encore des Classiques Clubs intemporels, comme par ex, "Got My Mind Made Up"/Instant Funk, "Ain't No Mountain High Enough"/Inner Life, "Can't Play Around"/Lace, "Heartbeat"/Taana Gardner, Gwen Guthrie's "Should Have Been You" and "Nothing Going On But The Rent", et encore bien d’autrs.

En tant qu’Auteur-Producteur, il aide à créer le son innovant des « New-York Citi Peech Boys » et leurs nombreux Hits-Club comme « Don’t Make Me Wait », « On A Journey », « Come On, Come On », et « Life Is Something Special », des titres joyeux, célébrant la vie, l’amour, et la musique. C’est là qu’on retrouve toute la qualité de Larry, épique, atmosphérique, avec un grand mélange de joie et de souffrance.

Lorsque le « Paradise Garage » ferme en 1987, Larry va garder profile bas, venant mixer en tant qu’invité dans différents Clubs, comme le « Studio 54 », le « Palladium » et le « Mars », et mixant réguliérement par contre au club « The Choice », l’héritier discutable du côté Underground que l’on appréciait au « Garage ». « The Choice » n’avait pas la splendeur du « Garage », mais Larry en avait fait sa maison, renvoyant son charme psychédélique à une foule d’anciens adeptes du « Garage » et d’autres fans d’After.

Bien que son travail de Remixeur (et, d’après certains, sa capacité à se renouveler) diminue, il ne fait aucun doute que Larry, même dans une mauvaise nuit, reste infiniment plus créatif, plus intéressant et plus imprévisible que n’importe quel autre Dj des alentours.

C’est d’ailleurs cette imprévisibilité qui fut le cause du désenchantement d’une partie de ses fans dans le milieu et la fin des années 80, mais il faut savoir que c’est pour cette même raison que beaucoup d’autres vivaient, au sens littéral du terme, vivaient pour écouter sa musique, ou bien inspirés pour faire leur propre carrière dans la musique, et dans le bizness musical.

L’héritage de Larry ne s’arrête pas à un Night Club légendaire et une foule de titres qui restent aujourd’hui des Classiques.

Larry Levan était LE DJ:il ne faisait pas qu’exceller dans ses performances, il a réinventé le concept du DJ, flouant les frontières de la musique, de la race, des sexes, de la sexualité, et changeant la perception de la musique pour des milliers de personnes, mais également la perception du monde qui les entoure.

Pour finir une petite phrase de Larry qui résume à elle seule son état d'esprit :

" Quand j'écoute les DJ d'aujourd'hui, je ne ressens rien. Techniquement certains d'entre eux sont excellents, mais émotionellement, je ressens rien du tout. "

Larry Levan, 1983.


Lien :

http://www.soulforlove.com/index.php/2007/04/09/20-larry-levan